Officiels ou non ? Les coffrets officiels doivent avoir été émis par des gouvernements ou des instituts monétaires pour leur propre compte. Depuis 2002, un nombre invraisemblable de séries de fabrication non officielle ont été mises dans le commerce, que nous allons décliner du "presque officiel" (B) au "totalement privé et inventé" (Z). Nous n’incluons dans €4 que les plaquettes strictement officielles (A) et celles "moins officielles" mais étant souvent considérées par les collectionneurs comme aussi importantes à posséder que les émissions de classe A.
A - les coffrets BU annuels édités par les Monnaies ou encore les coffrets "à thème" décidés, conçus, fabriqués et vendus par les Monnaies (y compris les 20 x 500 coffrets émis chaque année par la Monnaie de Paris)
B - les séries de monnaies BU commandées à un institut monétaire par une administration de l’État qui souhaite l’offrir à son personnel (exemple, les 500 séries Allemagne 2002 en plaquettes BU, conditionnées par l’institut monétaire allemand, offertes par le Bundestag à son personnel)
C - les séries reconstituées par un autre institut monétaire avec des pièces obtenues à la Banque pour répondre à une demande commerciale (exemple, la série "BU Grèce 2002 reconstituée, avec l’accord de la Grèce, par la Monnaie de Hollande)
D - les séries standards en plaquette commandées à un institut monétaire ou à un fabricant privé par une ville ou région qui souhaite commémorer un événement lié ou non à l’euro (exemple, les plaquettes "Berlin", "Francfort" ou "Altdorf" en Allemagne)
E - les séries de monnaies BU commandées à un institut monétaire par une firme ou une association pour commémorer un évènement particulier ou pour en faire leur promotion (exemple les 500 séries Allemagne 2002 en plaquettes BU, conditionnées par l’institut monétaire allemand, offertes par la firme Bergman à ses employés ou encore les plaquettes "régions" commercialisées en France depuis 2006)
A partir de ce niveau de "non-officiel", on glisse très rapidement dans la franche arnaque s’il n’est pas absolument évident pour l’acheteur à la vue de la plaquette que celle-ci n’est pas officielle. Nous ne répertorions pas ces objets sur notre catalogue en ligne :
Q - les séries reconstituées hors de l’institut monétaire avec des pièces obtenues à la banque pour répondre à une demande commerciale (exemple, une série BU Monaco 2003 complétée par des pièces françaises pour les 1, 2 et 5 cent, dans une plaquette d’un très beau rouge "monégasque", vue dans le commerce à un prix musclé, prétendument fabriquée à 1 000 exemplaires, alors que la série BU Monaco "officielle" de 2003 n’existe pas !)
Des séries peuvent aussi être conditionnées sans prétention de "BU", simplement pour présenter la série complète aux collectionneurs, sans aucun frais supplémentaire lié à la présentation (c’est le cas des plaquettes "Mietens" ou des séries Vatican reconstituées à partir des 13 000 séries frappées mais non vendues en plaquettes officielles). Bien entendu, cette idée est excellente pour fournir à des prix de monnaies courantes des séries complètes à des collectionneurs mais ces plaquettes ne doivent en aucun cas être confondues avec les séries officielles émises par les États et dûment contrôlées.
Jusque-là, les monnaies contenues sont authentiques et officielles, seul l’emballage ne l’est pas.
Ci-après, les objets monétiformes contenus dans les plaquettes ne sont pas officiels non plus. Il faut rappeler à ce propos que l’effigie des souverains ou présidents est tout à fait publique - tant que l’on n’utilise pas une œuvre réalisée par autrui et qu’il n’y a pas d’utilisation insultante ou dégradante : vous pouvez dessiner vous-même demain la Reine d’Angleterre sur vos assiettes, personne n’y trouvera à redire, même si vous les proposez à la vente à titre personnel.
Cela signifie donc que la présence de Jean-Paul II, de Benoît XVI ou d’Élisabeth II n’est en aucun cas une garantie que l’objet est officiel ! Vous remarquerez aussi que ce genre de séries évite soigneusement l’utilisation du sigle "€" ou du mot "euro", qui sont déposés, et les remplacent habituellement par "E", dont l’utilisation est évidemment libre, l’alphabet étant public.
U - "essais" ou " projets" frappés par une Monnaie officielle sur commande privée (par exemple les "essais d’euro 1995" frappés par la Monnaie de Belgique)
X - la série composée de médaillettes ayant l’apparence d’essais, de projets, pour un pays ayant des frappes normales en euros (exemple, les "essais" du Vatican, de fabrication totalement privée)
Y - la série composée de médaillettes ayant l’apparence d’essais, de projets, pour un pays n’ayant pas des frappes normales en euros (exemple, les séries anglaises et danoises, de fabrication totalement privée, avec un rapport lointain avec le modèle)
Z - la série de pièces inventées pour un pays n’existant pas, comme les micro principautés non reconnues
Vous pouvez situer sur cette échelle la limite où vous souhaitez borner votre collection sans oublier que vous pouvez parfaitement acheter une série non officielle parce qu’elle est belle, vous plaît ou vous touche. En revanche, l’immense majorité des collectionneurs ne recherchant que les séries officielles, ne l’achetez pas pour spéculer...
N’oubliez pas que la différence fondamentale entre les deux types de séries, outre souvent la qualité des monnaies contenues, est la quantité fabriquée et la garantie de l’émetteur. On peut espérer qu’un État va respecter sa signature et ses engagements et ne va pas produire plus de séries que prévu, quelque soit la demande. On ne peut pas être certain du même sérieux de fabricants privés surtout dans la mesure où ceux-ci, le plus souvent, ne s’engagent pas sur des quantités précises en créant la série. Le terme "quantité limitée" ne signifie rien tant que l’on ne sait pas où est la limite...
Même remarque concernant les variétés et erreurs contenues dans des séries privées. Nous avons déjà vu à l’époque des écus et euros de ville, en France, des fabricants cupides créer volontairement des erreurs dans leurs pièces (fautes d’orthographe, métal différent... l’imagination est sans limite). Il faut bien vérifier que l’erreur, si erreur il y a, est "involontaire" et non intentionnelle. Se méfier également des appellations pouvant tromper des acheteurs mal informés, comme MdC à côté de FDC, l’un signifiant "Monnaies de Circulation", donc pièces tout à fait normales, l’autre "Fleur De Coin", la plus haute qualité numismatique.
Pour simplifier : ce que nous répertorions est officiel sans discussion. Pour le reste, soyez prudents, faites-vous plaisir si le cœur vous en dit mais ne confondez pas officiel et privé.
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