Amis de l'Euro - Billets

Billets

Dans cette rubrique, vous trouverez toutes les informations sur les billets en Euro : plaques en circulations, caractéristiques techniques, cotations etc.

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Introduction

Pour la première fois dans l’histoire de la numismatique papier, les collectionneurs peuvent (presque) tout savoir sur un billet : non seulement son imprimeur et la plaque de fabrication à laquelle il appartient, mais encore sa position dans la feuille où il est né ! Y aura-t-il un jour des collectionneurs pour reconstituer des feuilles complètes, comme le font les philatélistes avec les timbres classiques, suffisamment bien connus pour que la position de chaque timbre dans la feuille soit identifiable ? Certainement, puisqu’il y en a pour les timbres...

L'actualité du billet est permanente : courant 2008, nous avons vu apparaître le premier billet slovène (un 20 €) ; nous avons également appris que le Luxembourg avait été débaptisé de son "R" qui lui avait été réservé (mais qui n'avait effectivement jamais servi !).

Les pointages extensifs auxquels nous avons procédé pour déterminer ce qui a été imprimé (et par quel imprimeur) nous ont permis de déterminer les plaques de fabrication rares.
Il est clair que la situation peut changer de manière impromptue car des émissions entières peuvent avoir été conservées en réserve et être remises au public sans avertissement.

Nous ne saurions trop recommander aux amateurs de surveiller les billets qui leur passent entre les mains et de pointer toutes les nouvelles plaques de fabrication, comme bien entendu les nouveaux imprimeurs. Il semble prudent de conserver les variantes que l’on trouve, même si les billets ne sont pas neufs, car les séries du début n’ont pas été conservées en quantité et devraient devenir assez rapidement difficiles à trouver.

 

Clés de lecture

Signature : Tous les €billets fabriqués jusqu’au 1er novembre 2003 portent la signature du Dr Wim Duisenberg, président de la Banque Centrale Européenne jusqu’à cette date. Le changement de président, désormais Jean-Claude Trichet, a provoqué une modification de signature sur les €billets. En effet, la production des billets signés Trichet a démarré peu de temps après son entrée en fonction ; émis par les banques centrales nationales de la zone Euro selon les modalités habituelles, ils circulent concurremment avec ceux qui portent la signature de son prédécesseur. Les deux catégories de billets sont bien sûr indifféremment valables.

Code-court : En poursuivant l’exploration du billet nous découvrons donc une série de lettres et de chiffres du type L010E1, soit donc une lettre, trois chiffres, une lettre, un chiffre.
La première lettre indique l’imprimeur du billet. Selon nos pointages, on trouve effectivement les imprimeurs D, E, F, G, H, J, K, L, M, N, P, R, T et U.
Les trois chiffres qui suivent indiquent la plaque de fabrication utilisée pour ce billet. Nous sommes au début de la fabrication des billets en euro et la plupart des plaques sont numérotées en 001, 002... le plus haut chiffre vu dépasse le 050 (20 € France imprimé par la Banque de France). Nous répertorions ces numéros de "plaques de fabrication vues" dans les tableaux par valeur faciale. La suite des séries est parfois interrompue ou ne commence pas à 001. N’oublions pas qu’un grand nombre de billets imprimés est conservé non émis pour pouvoir répondre aux demandes imprévues : il est probable que ces plaques de fabrication manquantes sont simplement gardées en réserve.
Le code se termine par une lettre et un chiffre qui indiquent la position du billet dans la feuille où il a été imprimé. La lettre indique la rangée où se trouve le billet et le chiffre indique la colonne.

Les numéros de plaques de fabrication : C’est le nom, faute de mieux, que nous donnons aux chiffres qui se trouvent au centre du code-court du billet. Par exemple, sur un billet de 5€ "L004F3", "L" est l’imprimeur, "F3" est la position du billet dans la feuille et "004" indique que ce billet provient de la quatrième plaque. Ces plaques d’impression sont remplacées quand elles sont usées ou cassées : il n’est donc pas possible de déterminer sans accès aux archives ou sans pointage extrêmement minutieux les quantités fabriquées avec chaque plaque, ni leurs raretés.

Liasses neuves : Les liasses neuves sont de bons sujets d’étude : les billets sont séparés par des multiples précis d’un chiffre. Par exemple, en France, les billets des liasses neuves sont séparés par neuf ou par des multiples de neuf.
Dans chaque liasse neuve, tous les billets portent non seulement les mêmes codes imprimeurs et séries mais encore le même numéro de position dans la feuille, ce qui est logique puisque plusieurs épaisseurs de feuilles sont massicotées simultanément.

"Pooling" : Ce terme anglophone est utilisé pour qualifier les déplacements imposés d’une grande quantité de billets d’une même plaque entre deux banques nationales de différents pays afin de combler le manque soudain d’une certaine coupure. Le pooling concerne une partie ou la totalité de la production d’une plaque.
Les pénuries affectant une coupure particulière au niveau régional seront compensées par des excédents de stocks provenant d’une autre Banque Centrale Nationale. Le stock stratégique n’est utilisé que si une demande inattendue d’une coupure ne peut être satisfaite par des transferts d’excédents de stocks logistiques.
La liste des "pooling" indiqués sur les pages de cette rubrique est relativement fiable, car nous avons établi chaque note lorsque les quantités de billets trouvés étaient très importantes et en tenant compte de la proximité des pays.

Les feuilles de billets : Nous avons recalculé la taille des planches en observant les couples lettres / chiffres les plus élevés et, pour chaque faciale, nous donnons les couples maximum relevés et la taille déduite de chaque feuille de billets, suivant le modèle "rangées x colonnes", le code court étant basé sur cette représentation.
La Bundesbank vend dans des boîtes en carton dur des feuilles complètes de billets de 5 € (6 colonnes x 10 rangées ; 74 x 66 cm ; cote 540 €), 10 € (6 colonnes x 9 rangées ; 75 x 60 cm ; cote 900 €) et 20 € (5 colonnes x 9 rangées ; 68 x 65 cm ; cote 1 470 €) avec marges, sans préciser la quantité mise en vente.
Il existe donc des billets ayant échappé au massicotage, les feuilles de la Bundesbank de 5 et 10 €. Il faut se méfier de toutes les "variétés de découpe" de billets allemands de ces deux faciales car il s’agit presque toujours de découpages de feuilles, effectués dans un but frauduleux, pour tromper les collectionneurs de billets fautés. Se reporter à l’excellent site http://www.billetfaute.com pour plus de précisions. Ces "fausses" variétés, paire ou bande de billets non découpés proviennent en réalité de feuilles complètes. Il faut envisager leur prix comme billet bon à faire rembourser à la faciale et non comme celui d’une variété exceptionnelle.

Spécimens : Nous devons à l'italien Walter Nasi (Catalogo Euro-unificado della carta-moneta italiana, 28e édition, travail exceptionnel sur les billets italiens, bien entendu, mais aussi remarquable analyse des origines des motifs des billets euro) de découvrir non seulement qu’il existe des spécimens de billets euro mais encore pourquoi ils étaient restés ignorés en France : la Banque de France n’en produit pas.
Les spécimens – billets normaux marqués SPÉCIMEN en oblique et en rouge –, portent des numéros de types S0000000007, donc avec la lettre du pays d’émission suivie de zéros et d’un chiffre d’ordre. Les spécimens sont numérotés à l’avers en quatre chiffres et chaque valeur est réalisée par un pays. Ces pays sont : 5 € Espagne, 10 € Allemagne, 20 € Belgique, 50 € Allemagne, 100 € Italie, 200 € Pays-Bas, 500 € Italie. On comprend mal pourquoi la Banque de France n’a pas réalisé une seule valeur, l’Allemagne et l’Italie en réalisant chacune deux. Nul doute que ces spécimens resteront excessivement rares parmi les collectionneurs et seront un jour des fleurons de collections. Walter Nasi cite un prix de 9 000 € pour une série complète de spécimens.

 

Description des états de conservation

La question des états de conservation de billets est des plus importantes. Lors de l’introduction de l’Euro, tout était – théoriquement – disponible quelque part en neuf. Il n’en est absolument plus de même aujourd’hui et de nombreuses "plaques" n’existent plus en neuf, sauf miracle et chez ceux qui ont débuté leur collection avec sérieux, assiduité et... de nombreux correspondants.

Avant tout, pour observer l’état d’un billet, on le regarde en lumière halogène rasante : la moindre déformation du papier va provoquer une ombre. Il faudra alors comprendre le défaut auquel on est confronté : trace de comptage, froissement, pli non cassé, billet aplati, coin redressé...

Essayons de définir :
Pour simplifier, il existe deux grandes familles :
- le billet n’a pas circulé mais il peut avoir été mal manipulé, il peut être de NEUF à SUP+.
- le billet a été en circulation, il peut être de SUP+ à B.

Le NEUF est... neuf. Il n’a rigoureusement jamais été utilisé et a toujours été manipulé avec soin, présente des pointes parfaitement aiguës aux angles droits, pas la moindre courbure, sans la moindre trace de froissement ni de comptage. Ce, aussi bien pour le comptage manuel qui provoque un froissement usuellement dans le quart supérieur droit (ou gauche pour les caissiers gauchers !) que pour le comptage machine qui peut marquer très légèrement de noir le centre du haut du billet, voire y fouler très légèrement le papier. Tous ces petits défauts insignifiants rendent votre billet "presque neuf", "pr. NEUF".
Le Splendide, SPL, présente un petit défaut visible et/ou un faible pli de liasse non cassé.
Le pli de liasse est la courbure que prend le papier d’un billet lorsque celui-ci est replié dans une liasse neuve de cent billets : le billet le plus extérieur, appuyé sur l’épaisseur des autres billets, n’aura qu’une courbure infime et presque invisible. Il sera "pr. NEUF". En revanche, le billet intérieur, coincé sous les autres, va se plier complètement au point de "casser le papier". Le malheureux tombe directement à "SUP".
On dit qu’un pli est cassé lorsque le tracé du pli est encore visible en plus foncé quand on regarde le billet en transparence.
Dans une liasse pliée, on passe du pr. NEUF au SUP en passant par toute la gamme du SPL en allant de l’extérieur vers l’intérieur.
Le Superbe – SUP – pourrait se définir comme un billet apparemment neuf mais qui a un pli cassé ou plusieurs faibles plis non cassés.

Dès que le billet présente des froissures ou plis, multiples témoins d’un passage suivi en circulation, on se cantonne à l’appeler TTB.

Vous savez que vous êtes en face d’un billet TB quand vous n’avez vraiment pas envie de le rentrer en collection...

On comprend que, dès que l’on sort du NEUF et pr. NEUF, tout est affaire d’évaluation et de paliers qu’il vaut mieux franchir par élimination.
Si votre billet a le moindre défaut, même infime, il n’est pas neuf.
Si votre billet a un pli, même faiblement marqué et non cassé, il n’est plus pr. NEUF.
Si votre billet a un pli cassé, il n’est en aucun cas splendide.
Si votre billet a deux plis cassés, il n’est plus superbe.
Si votre billet n’est plus agréable à voir et que ses défauts sautent aux yeux, il n’est plus TTB.
Les taches, maculations diverses, tampons, gribouillis viennent se rajouter aux défauts intrinsèques du billet. On peut avoir un billet "neuf" avec une tache et un billet TB avec la même tache : il est bien évident que la tache n’est pas un signe d’usure ; on a déjà vu un cent francs bleu et rose d’avant 1900, presque neuf, avec le rond d’un fond de bouteille marqué dessus... ce billet a trouvé amateur bien avant des modèles TTB du même billet sans maculature...

 

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